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Littérature africaine

SOKHNA BENGA, ECRIVAIN

Une passionnée au cœur des belles lettres
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Lauréate du Grand Prix du chef de l’Etat pour les Lettres en 2000 avec son roman " La Balade du Sabador ", Sokhna Benga s’était retrouvée au-devant de la scène médiatique et de la communauté littéraire. Nommée directrice littéraire aux NEAS, l’écrivain touche aussi au scénario, à la littérature enfantine tout en publiant des romans. Sokhna Benga vit aujourd’hui pleinement sa passion : écrire.

 " Dans ma démarche littéraire, j’essaie toujours de tendre vers le meilleur. " La dernière lauréate du Grand Prix du Chef de l’Etat pour les Lettres en 2000 n’arrête pas d’écrire. Sokhna Benga récompensée pour son deuxième roman " Le Balade du sabador " vit aujourd’hui une véritable carrière d’écrivain. " Herbes folles " un mini-roman, " La ronde des secrets perdus " un recueil de poèmes ou encore le tome 1 du roman " Waly Gnilane, le protégé de Roog " sont autant d’œuvres littéraires que Sokhna Benga a publié depuis son Prix en reçu en 2001. À cette époque, le monde de Lettres, les lecteurs fascinés mais aussi les critiques avaient beaucoup parlé de la " Balade du Sabador ". L’auteur était alors sur la sellette. Un moment pendant lequel tout créateur se demande s’il peut rééditer " l’exploit " dans la même veine. Mais, Sokhna Benga, toujours fidèle à la cosmogonie et au terroir Sérère ne s’est sentie touchée par les critiques ni blasée par la récompense survenue à un jeune âge. " Dans la Balade du Sabador, je me suis régalée avec la langue française qui en fait est notre langue. On a grandi dans la Francophonie. Les gens finiront par comprendre ma démarche dans la Balade du Sabador qui est un roman de recherches. Aujourd’hui, je suis fière que ce roman intéresse de jeunes gens. C’est un document pour eux. Il y a même des mémoires d’études de fin d’année qui portent sur le roman. " se réjouit la jeune femme. L’écrivain, qui a reçu la mention spéciale du Grand Prix de Littérature d’Afrique noire au Palais de Luxembourg à Paris, dans la foulée du Grand Prix du Président de la République pour les Lettres est aussi nommé directrice littéraire aux Nouvelles éditions Africaines du Sénégal (NEAS).

Après les sorties de ces ouvrages cités plus haut, Sokhna Benga a aussi quelques œuvres en gestation ou en attente chez des éditeurs. Elle cite dans le tas " Baayo ", " Désiré ou la mélodie brisée " et le tome 2 du roman " Waly Gnilane, le protégé de Roog ". C’est avec enthousiasme que Sokhna Benga parle de " Baayo ", l’orpheline qui en fait n’en est pas une, car trompée sur l’existence d’un père en prison depuis 23 ans. Une histoire qui se déroule à Dakar. Sokhna Benga qui dit s’approprier la culture Sérère tend maintenant vers l’ouverture pour les besoins de ses romans et poèmes. C’est chez sa grand-mère à Fatick et dans le même terroir que la jeune femme puise son inspiration. Elle y a souvent séjourné. Les archives nationales sont aussi un allié sûr, selon elle. " J’aime aller ensuite sur le terrain pour faire des recoupements et des témoignages. " C’est ainsi qu’elle peut désormais mouvoir de son terroir Sérère vers ceux Diola, Mandingue, etc. L’écrivain fait alors voyager ses personnages du Sine à la Casamance et de Dakar à Saint-Louis. Ainsi, dans " Waly Gnilane, le protégé de Roog ", Sokhna Benga parle d’amour impossible entre un chrétien et une musulmane, à l’époque où elle situe la trame du roman. Mais Waly Gnilane, c’est surtout l’histoire d’un enfant-mythe qui grandit dans le Sine à une époque où une épidémie faisait des ravages dans la contrée. Waly Gnilane, va alors mettre son génie à profit et soigner les populations touchées par l’épidémie. Mais, son rêve à lui est de devenir marin et de naviguer sur les océans. Un métier inconcevable dans le Sine et à Joal vers la fin des années 1800. Waly Ngilane aspirant à prendre " le large et recouvrer la liberté " deviendra, faisant fi des coutumes, un marin et ami d’un Créole capitaine de bateau. À la fin du tome 1 du roman de Sokhna, Waly a 42 ans. Et dans le tome 2, à paraître tout bientôt, Waly Gnilane voguera sur l’Atlantique pour découvrir d’autres horizons comme Carabane. Il embrassera la religion catholique avant de retrouver à nouveau l’animisme de ces ancêtres. " Dans " Waly Gnilane, le protégé de Roog ", j’ai voulu raconter la péridode tumultueuse de l’histoire du Sénégal et évoquer la colonisation et la vie quotidienne entre Noirs et Blancs. Je rends aussi hommage à mon grand-père, un armateur. " explique la romancière.

Encore des prix pour l’émulation chez les écrivains

Sokhna Benga, très tournée vers la narration, taquine désormais l’écriture de scénario en collaborant avec certains réalisateurs de la place. Ainsi, elle travaille sur un projet de Cartoon avec des Sénégalais vivant en France et elle compte aussi explorer la littérature enfantine. Elle espère le renouveau de ce genre littéraire.

Directrice littéraire aux Nouvelles Editions africaines du Sénégal (NEAS), Sokhna Benga se réjouit du nouveau départ de cette maison d’édition qui entrerend depuis un certain temps à publier les romans de quelques écrivains de talents comme Elimane Kane, Seydi Sow, Louis Camara, Fama Diagne Sène, etc. Devant tant de créativité constatée au sein de la communauté littéraire, Sokhna Benga, dernière lauréate du Grand Prix du Chef de l’Etat pour les Lettres, regrette l’absence de beaucoup de prix littéraires pouvant créer l’émulation chez les écrivains du Sénégal. " Pourquoi pas des prix des Régions ou des Maries de ville ? Il y a normalement des moyens pour cela ! " se demande t-elle. Bien qu’elle soit déjà primée avec son premier roman " Le dard du secret " publié à un jeune âge, puis avec son second ouvrage " La Balade du Sabador " en 2000. Et l’on constate avec Sokhna Benga que depuis sa consécration, le Grand Prix littéraire du Chef de l’Etat n’a plus été attribué. Fille d’écrivain, Sokhna Benga rêvait, enfant, de devenir juriste et… écrivain. Elle a fait le plein. Ses deux vœux seront réalisés. Après son Bac littéraire obtenu en 1986 à la Maison d’Education des filles Mariama Bâ de Gorée, Sokhna Benga s’inscrit à la Faculté de Droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle y sort avec une Maîtrise, spécialisation en Droit Maritime. La future romancière travaillera dans une société dakaroise avant d’aller en France, en 1994. C’est à Brest qu’elle vivra plusieurs années en découvrant d’autres cultures jusqu’à son à Dakar, il y a deux ans. Les activités littéraires sont désormais son quotidien. Elle retrouve ici, son univers naturel. Là, Sokhna Benga retrouve ses amis d’enfance, ses anciens condisciples de Gorée et de la Fac ou ceux de la communauté littéraire. Si elle n’est pas plongée dans la recherche, l’écrivain adore souvent retrouver ces amis. Son sourire anticipant sur la question, Sokhna Benga répond qu’elle est célibataire. Vivant chez ses parents, son allure à la garçonne ne l’empêche pas de se conconcter de petits plats une fois à la maison. Comme elle ne cesse de " mijoter " des romans et de " se régaler " avec la langue française.

Par OMAR DIOUF 
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