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PHILIPPE MONTEIRO, CHANTEUR-ARRANGEUR

" C’est un plaisir, que les gens aiment ma musique "


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Entre les deux parties de son spectacle qu’il a assuré vendredi dernier dans le jardin pris d’assaut par le public du Just 4 U, le chanteur et arrangeur Philippe Monteiro a accepté de nous révéler un peu de lui-même. L’artiste, apprécié depuis un certain temps par les mélomanes vue l’engouement qu’a suscité son duo " Amor " avec Viviane et la chaleur de son clip " Gaïndé Ndiaye " dédié aux Lions du foot, semble toujours préférer le calme des studios aux flashes des podiums. Mais Philippe Monteiro conscient de l’ascension soudaine de sa touche musicale commence à aller à la rencontre du public jusque dans les régions à l’intérieur Sénégal. Ses succès dans des pays occidentaux comme au Portugal et en Hollande où vivent de fortes communautés n’occultent pas son envie de satisfaire le public dakarois et sénégalais très au fait des sons qu’il en développe en véritable artiste sénégalo-capverdien…

ENTRETIEN REALISE PAR OMAR DIOUF 

- Philippe Monteiro, parlez nous un peu de vous…

PHILIPPE MONTEIRO : " Je suis né en Dakar et en 1989 je suis allé aux Etats-Unis pour étudier l’Electronique. Mais depuis Dakar j’aimais la musique. C’était le moment où Kassav et le Cabo Verde Show, etc étaient en vogue et j’aimais beaucoup la musique. Donc au lieu d’étudier l’électronique j’ai dévié vers la musique. Comme j’ai eu l’opportunité d’avoir un clavier, le synthétiseur, c’est ce que j’aimais le plus avec les nouveaux sons qui commençaient à sortir. Donc j’ai commencé à faire de la musique à la maison et tout. Je suis rentré carrément dans la musique et des chanteurs capverdiens ont commencé à me connaître, à écouter et apprécier les maquettes que je faisais. Et j’ai commencé à faire des arrangements, des productions musicales pour ces chanteurs. C’était en 1992. Par la suite j’ai formé un groupe aux Etats-Unis qui s’appelait " Critica ". On a fait aussi sortir un album qu’ils ont connu ici à Dakar dans les années 93. Donc on me connaissait comme programmeur et arrangeur de musique capverdienne. C’est par la suite que j’ai décidé de revenir au Sénégal où mes parents et mes amis vivent et pour y faire de la Musique. C’était en 1997. J’ai pu avoir un studio d’enregistrement à Dakar et à partir de cette date j’ai commencé à faire des enregistrements de musique rap, etc avec groupes comme les VIB, Daara J, PBS, etc. J’ai commencé aussi à chanter dans des compilations. Je faisais surtout des chœurs, des backing-vocals, tout ça. Les gens ont commencé à apprécier et je me suis dit pourquoi ne pas faire un album carrément avec Philippe Monteiro qui chante. Car on me connaissait surtout comme un artiste derrière les claviers et qui faisait des arrangements pour d’autres artistes. Donc j’ai fait l’album, c’est de là qu’est surgi le titre " Amor " avec Viviane et ensuite " Gaïndé Ndiaye " qui rend hommage aux Lions lors la Coupe du monde Japon-Corée. Et les gens ont commencé à mieux connaître Philippe Monteiro comme chanteur. Ma carrière est ainsi, disons bon, marquée… Voilà ! "

- C’est à partir de ce moment que votre carrière tend vers l’international ?

PHILIPPE MONTEIRO : " Disons que ce sont les deux morceaux " Amor " avec Viviane et " Gaïndé Ndiaye ", l’hommage aux Lions qui ont donné une certaine dimension à ma carrière. On a commencé à me connaître un peu partout. Les deux morceaux passaient à la télé, etc. Au niveau de la France, au Portugal, même ceux qui n’écoutaient pas la musique capverdienne commencer à s’intéresser ce que nous faisions vue que cela venait du Sénégal. Il y avait des rythmes du mbalax là-dans et les gens s’y retrouvaient un peu. Et voilà, ils ont apprécié et maintenant on m’appèle beaucoup pour des tournées européennes et d’autres musiciens veulent que je travaille avec eux. Bref, ça va quoi. Comme on dit : Alhamdoulilahi ! "

- Comment se sont déroulées vos tournées européennes ?

PH. M : " Ce n’est pas encore terminé. Il y a beaucoup de pays que nous n’avons pas encore visités. Mais au Portugal nous avons reçu un disque de platine et un disque d’or pour notre album. En France, on a joué et rempli des salles. La Hollande, c’est le pas où l’on retrouve la plupart des musiciens capverdiens qui font le même style que moi. Donc, ils ont tous apprécié. C’était super, quoi. Partout où nous sommes allés, les gens ont aimé notre musique, notre performance sur scène, etc. "

- Quelle définition donnez-vous à votre style musical ?

PH. M : " En fait, moi je fais de la musique capverdienne moderne mélangée à de la musique, je dirais africaine. Lorsque je dis de la musique africaine, je dis de la musique traditionnelle que l’on peut trouver dans tout pays en Afrique noire. Parce que c’est de la musique que moi j’aime et que j’apprécie beaucoup. Donc, c’est ce qui définit ma musique par rapport aux autres musiciens capverdiens. La différence, c’est cette touche africaine qui la fait. C’est tout voilà ! J’en suis vraiment content. "

- Vous avez-votre propre groupe ?

PH. M : " Oui. J’ai un groupe basé ici à Dakar et ce sont des sénégalo-capverdiens aussi. Ils sont ici, ce sont des amis d’enfance. Nous avons grandi ensemble. Mais chacun a fait de la musique de son côté. Nous nous sommes retrouvés et l’on a formé un groupe qui s’appelle " Friends Lovers ".

- Avez-vous une fois joué au Cap-Vert ?

PH. M : " Moi, oui. Mais pas avec le groupe. J’y ai joué avec des musiciens du Cap-Vert. Là nous nous préparons une tournée pour le Cap-Vert. Ça sera bientôt, les mois de mai-juin, pour des festivals et tout. Ce sera la première fois que j’irais là-bas avec mon propre groupe et avec l’album solo de Philippe Monteiro "

- En tant qu’arrangeur, comment jugez-vous le rap, le mbalax ou la musique sénégalaise en général ?

PH. M : " Pour le rap, je n’ai pas grand-chose à dire. Parce que, selon moi, le rap sénégalais est le meilleur rap en Afrique. Pour le mbalax, moi, j’aime bien le mbalax. On veut que le mbalax soit international et c’est dur que les Européens ne comprennent pas bien cette musique. Mais, ici le mbalax est numéro un. Ce sont les gens qui le veulent comme ça ! avec beaucoup de percussions, très rythmées. Moi, je trouve qu’il faut continuer de faire le mbalax tel quel. Mais essayer aussi de changer souvent les sons. Ne pas avoir toujours la même sonorité. Sinon les gens peuvent à la longue se lasser, c’est sûr. Moi, la question que je me pose c’est comment faire pour que les Européens puissent écouter, je ne dirais pas seulement le mbalx, mais la musique africaine. Déjà ils ne comprennent pas la langue. Donc c’est un peu difficile pour eux de comprendre cette musique. Et je trouve que faire du mbalax en Anglais serait de gâcher cette musique. Il faut le jouer tel quel, essayer de l’améliorer. Restons vraiment mbalax, quoi ! "

- On voit Philippe Monteiro à la télé, mais pas souvent en concert ou sur scène…

PH. M : " Tout le monde demande qui est Philippe Monteiro ? Même si je passe devant des gens, ils ne me reconnaîssent pas. Bon, c’est parce qu’il n’ y a pas assez de mes clips à la télé et les gens ne me voient pas jouer en live avec mon groupe. Cela montre vraiement que les gens, les fans m’apprécient beaucoup. Parce qu’ils aiment cette musique. Ils veulent connaître qui c’est Philippe Monteiro. Donc, dès qu’ils me voeint, ils sont contents et ils me montrent qu’ils aiment ma musique du fond de leur cœur. Et moi, je le vois. Cela me pousse à faire beaucoup d’autres choses. Peut-être que d’un côté, j’ai peur de faire beacoup de clips et que les gens me reconnaîssent dans la rue. Parce que moi, j’ai envie sans doute de marcher avec des amis dans la rue tranquillement, sans problème. Mais pas comme les stars qui ne le peuvent pas…

- Qui sont les amis de Philippe ?

PH. M : " Ce sont mes amis qui appraîssent le plus souvent dans mes clips. J’ai beaucoup d’amis un peu partout dans Dakar. J’ai vécu vers Blaise Diagne, Reubeuss. J’ai beaucoup d’amis là-bas. À la Sicap où j’ai grandi aussi. J’y ai beaucoup d’amis aussi. J’aime me faire des amis. Et le plus important est de rester avec eux. En ce qui concerne les clips, j’aimerais en faire beaucoup. Sinon, je ne voudrais pas en faire n’importe lequel. Je crois que c’est cela qui fait que je n’en produis pas beaucoup. "

- Quel est votre calendrier en ce moment ?

PH. M : " En ce qui concerne le Sénégal, nous sommes en train de faire une tournée. Nous avons fait la Casamance, Saint-Louis, Kédougou, Thiès, Saly, etc. Il reste une deuxième partie et nous le ferons. Je veux que nous jouions partout au Sénégal. Parce que les gens apprécient notre musique. Ils apprécient leur artiste et moi, je crois que je veux leur donner cette opportunité. Une fois je passais sur une chaîne internationale, je crois, on m’a appelé de vers Matam comme ça. Je me suis dit " Ils écoutent ma musique là-bas ? " C’est grave quoi ! On est allé à Kédougou, à Richard Toll, j’étais ébahi par le fait que les gens aimaient tant ma musique. Qu’ils puissent l’apprécier vraiment autant.

 Un cœur d’artiste déjà pris…

Si on lui demandait dans un coin de rue s’il est Sénégalais, Philippe Monteiro répondrait en wolof : " Waaw. Un Sénégalais né au Sénégal, mais de parents, comme on dit dans le jargon populaire, " Ngagna ". C’est-à-dire un Dakarois qui a des origines capverdiennes. Il est plus précisément, pour ne pas faire de mécontents, moitié Sénégalais et moitié Capverdien. Si ses envolées en wolof dans le titre " Gaïndé Ndiaye " dédié aux Lions font sourire, Philippe Monteiro en fait fi. Car les ruelles de Blaise Diagne, de Reubeuss, des Sicap où il a grandi reconnaissent bien sa frimousse. L’artiste a plein de potes dakarois dans ces différents quartiers de la capitale et ces amitiés, même s’il a fait un tour du côté des Etats-Unis dans les années 90, Philippe Monteiro les garde jalousement. Il tient à ses amis comme il parle aussi de cette copine qui partage sa vie et qui lui a donné un joli " Philippe Junior " depuis un mois. Dommage pour les fans au féminin, le cœur du talentueux arrangeur est déjà pris et il se dit le plus heureux du monde. Non seulement il est comblé d’amour, mais sa doigtée est recherchée par les chanteurs et ses mélodies continuent de faire chavirer les cœurs des filles depuis qu’il a daigné sortir un album en solo. Vendredi dernier dans la boîte dakaroise où il se produisait avec son orchestre, Philippe Monteiro a fait jardin comble et les couples ont dodeliné si langoureusement sur leurs chaises. Sa musique emporte si loin dans les pensées et son clavier en sort de si dansantes notes. Des clients du jour dont des Toubabs n’ont pu s’empêcher d’esquisser alors quelques pas de danse à travers les rangées du club-restaurant à défaut d’une grande piste.

O. DIOUF

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