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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 21:21
MANUFACTURES SENEGALAISES DES ARTS DECORATIFS

Composée d’ateliers de lissage, de cartonnage, de couturières et d’une grande salle d’exposition, les Manufactures sénégalaises d’arts décoratifs (Msad) ont adopté un statut d’établissement à caractère industriel et commercial depuis 1974. Mais, les tapisseries murales exécutées avec un fin savoir-faire dans les Msad à Thiès tardent à connaître une véritable audience sur le marché des arts.

Les tapisseries, un savoir-faire inconnu du grand public

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PAR OMAR DIOUF 

Sa grande salle d’exposition, en forme de case en béton, inaugurée le 16 novembre 1989, abrite les expositions de tapisseries murales hautes de deux à trois mètres. Des œuvres de couleurs très vives et gaies réalisées à partir de maquettes dessinées pas des peintres sénégalais ou des lissiers formés parmi les deux promotions sorties des Msad. C’est selon les choix du comité consultatif de la tapisserie. A notre passage ce jour les visiteurs, quelques européens pour la plupart y admirent « Songho », des lutteurs en prise de combat, motif de Abdoulaye Ndiaye, « le couple » une œuvre de Diatta Seck, « L’oiseau dans la nature » de Mamadou Wade et tant d’autres chef-d’œuvres. Coïncidence avec notre passage, un petit groupe venu de la Hollande se fait également guider dans l’atelier de tissage ou la vingtaine de lissiers s’activent pour donner corps et formes aux maquettes déjà agrandies dans la salle de cartonnage. Dans les ateliers, nous apprend t-on, travaillent les deux promotions de lissiers formés entre 1966 et 1974 à l’époque de la Manufacture nationale de tapisserie. Certains sont déjà admis à la retraite. Ce jour prés de cinq œuvres sont sur les tables des lissiers. La dextérité des lissiers rappelle un peu les tisserands traditionnels qui font les pagnes « ndiagos ». Une tapisserie parmi les œuvres en cours est une commande d’un ministre. Selon, le directeur général, Papa Ibra Tall, les manufactures nationales, devenues un espace public à caractère commercial, de grands clients, comme feu Djily Mbaye faisant un cadeau à un roi arabe, n’hésitent pas souvent à faire une commande à partir d’un motif particulier ou alors acheter simplement parmi le stock de tapisseries disponible aux Msad. L’Etat n’est plus le seul client à pouvoir disposer des œuvres créées ici comme à ses débuts.
« Nous accueillons souvent des visiteurs. D’ailleurs pour mieux montrer ce que nous faisons, nous imaginons ouvrir une petite galerie à Dakar » confie Papa Ibra Tall. Pour la vulgarisation du travail fait dans les ateliers des Msad, la direction n’hésite pas à participer à des expositions de galeries en Europe, à Tournai en Belgique et en France particulièrement. Et ici au Sénégal, les tapisseries des Manufactures ont déjà fait l’objet d’une grande exposition en 2003 à la Maison de la Culture Douta Seck et récemment, en juin 2007, à la Galerie nationale à Dakar.

Franchir le cap industriel et commercial

Etablissement public à caractère industriel et commercial, les manufactures sénégalaises des arts décoratifs, selon le directeur général, ont pour vocation de transposer les créations des plasticiens en œuvres d’arts décoratifs négociables : tissages, céramique, mosaïque, teintures, etc. La tapisserie, adoptée comme première technique, est à compléter progressivement. La forme actuelle des Msad est donc une étape qui résulte d’une longue évolution, mais doit subir, selon M. Tall, des changements.

L’histoire des Msad remonte en 1962, avec l’ouverture d’un atelier expérimental dans la Section Recherches plastiques négres dirigée par Papa Ibra Tall à l’école des Arts de Dakar. Ayant suivi une formation en Architecture puis aux Beaux Arts de Paris et eu des contacts personnels dans des ateliers de tapisseries en France, les autorités sénégalaises à l’époque, le Président Senghor en particulier lui avaient confié le projet de création d’une manufacture de tapisserie.

« La section abritera une section expérimentale de tapisseries qui deviendra, en se déplaçant à Thiès, la Manufacture nationale de tapisserie en 1966 » souligne Papa Ibra Tall. Son inauguration sera présidée par Léopold Sédar Senghor lui-même accompagné de son homologue, Modibo Keïta du Mali. Une trentaine de jeunes y sont alors recrutés pour suivre la formation de lissiers de quatre ans. Une seconde promotion suivra et ces lissiers seront recrutés par la suite dans les ateliers de la Manufacture nationale de tapisserie. Un service rattaché au Ministère de la Culture et dont le stock des tapisseries murales réalisées dans ses ateliers est destiné à l’Etat. Elles décorent les salles du Palais présidentiel, du Building administratif et de certains services publics.

L’année 1974 verra s’opérer la transformation de la Manufacture nationale de tapisserie en Manufactures sénégalaises des Arts décoratifs dont le caractère polytechnique était déjà connu. La diversification de la production des Msad, selon M. Tall, qui a quitté la direction de l’établissement entre 1975 et 1989 avant d’être rappelé par le Président Diouf, a connu du retard puisqu’elle ne connaîtra un début d’exécution qu’en 1990. En effet, les tapis de sol, beaucoup plus faciles à exécuter que les tapisseries murales tardent être produits à grande échelle…

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Published by omardiouf
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